La masso-kinésithérapie est la thérapie de la gestuelle humaine (kinêsis signifie le « mouvement » en grec). Elle utilise le mouvement ou, au contraire corrige et réduit le mouvement, par différentes techniques ou par la pose d'une contention, afin de rendre au corps une fonction qui s'est altérée, par exemple afin de retrouver l'usage d'une main après une chirurgie réparatrice, ou du moins lui apprendre à s'adapter à son nouvel état (apprendre à un patient amputé à marcher avec une prothèse).
La kinésithérapie signifie traitement par le mouvement. Elle agit au niveau musculaire et articulaire. Les techniques sont utilisées dans le but de la rééducation du mouvement et ainsi que de la posture de la personne.

Sonotherapeute en Bretagne

Les diarthroses et les syssarcoses sont les plus évaluées. Les diarthroses sont les articulations les plus répandues. Nous pouvons considérer qu’il s’agit de la juxtaposition mobile de deux pièces osseuses plus ou moins concordantes qui permet des mouvements bien visibles.


Les diarthroses :
Elles sont constituées de cinq éléments :
Au moins deux os avec du cartilage, une capsule, une membrane synoviale contenant le liquide synovial, qui vise à diminuer les contraintes articulaires.
Nous avons ensuite des ligaments qui renforcent la capsule et qui assurent la stabilité passive.
Viennent ensuite les tendons musculaires qui s’insèrent sur les leviers osseux, des mécanorécepteurs qui vont rendre compte des différentes situations posturales et motrices, et permettent l’adaptation d’un programme neuro-moteur.

Les syssarcoses :
Elles n’ont ni cartilage ni surface articulaire. Elles mettent en rapport des plans de glissements constitués par des muscles, des bourses séreuses, des aponévroses. L’examen de l’articulation va se faire à travers différentes structures qui sont des tissus, les tissus cellulaires sous cutanés, les muscles…  Le bilan articulaire est constitué d’un bilan analytique et d’un bilan fonctionnel.


A. L’observation articulaire :

L’observation va se faire dans les mêmes conditions que pour tout examen. Il s’agit essentiellement des conditions de confort. Il se pratique dans les différents plans de l’espace

L’examen doit être comparatif. Il faut noter l’attitude spontanée de l’articulation. Cette attitude peut être différente du côté contro-latéral.
Il faut donc noter en quoi elle est différente. La position du segment peut relever d’une malformation, de la conséquence d’une pathologie, tels que flexum (attitude de flexion du genou), valgus (angle cuisse jambe est ouvert vers l’extérieur), genuvalgum, ceci peut être du à une malformation, un accident, une attitude antalgique : c’est une attitude que le sujet prend parce qu’il a le moins mal.

Pour le membre supérieur, l’attitude antalgique est l’épaule en rotation interne,, flexion, coude en flexion et avant-bras supporté par le membre supérieur opposé.

Nous faisons l’examen des articulations sus et sous jacentes de l’articulation traitée du côté contro-latéral et du côté omo-latéral.
L’examen se fera d’une part allongé mais aussi assis et debout, c’est-à-dire en charge et en décharge.

Observer le volume de l’articulation : il s’agit d’une évaluation subjective comparée au côté contro-latéral ; il s’agit de noter les augmentations de volumes ; l’augmentation est soit diffuse (il s’agit d’un œdème des tissus articulaires). L’augmentation du volume est bien délimitée et localisée, ce qui va signer la présente d’une hydarthrose, qui correspond à un épanchement synovial.


B. La palpation et mobilisation articulaire :

Elles se feront en respectant les principes de confort, de détente du patient, des règles de non-douleur. Cet examen va porter sur les différentes faces de l’articulation, dans les différentes positions ; il va aussi porter sur les articulations sus et sous jacentes. Lors de cet examen il faut absolument tenir compte de la position antalgique qui est spontanément prise par le patient. Au préalable de cet examen, il faut faire un examen d’observation des tissus sous cutané et cutané.

Il faut palper l’interligne articulaire qui correspond à une dépression ; cela ne concerne que les articulations sous cutanées. Il est plus ou moins marqué selon la position de l’articulation.
Sur le plan de la technique, le repérage de l’interligne est beaucoup plus facile lorsque nous associons des petits mouvements qui délimitent le lieu d’union entre les deux épiphyses osseuses. Parfois, l’association d’une traction articulaire facilite encore le repérage.
Le repérage d’e l’interligne va permettre de localiser, d’analyser les mouvements de glissements articulaires et vont permettre d’autre part de repérer les formations ligamentaires.
La palpation de la capsule articulaire est obligatoirement palpée lors du repérage de l’interligne nous apporte peu de renseignements sur l’état de l’articulation.

La palpation des formations ligamentaires superficielles est utilisée dans les bilans douloureux pour préciser le site exact de la douleur et donc permettre un traitement manuel par le massage transversal profond de CYRIAX (MTP).

Sur le plan de la technique, pour être palpé, un ligament doit être tendu afin d’être plus proéminent.
Pour être tendu, c’est  la position de l’articulation qui va nous permettre de le mettre en tension.

La palpation d’un ligament perpendiculairement à la direction longitudinale des fibres. Le doigt est appliqué sur la peau qu’il déplace en balayage perpendiculaire. Le ligament est alors ressentit comme une corde qui imprime un ressaut au doigt. Nous utilisons de préférence l’index qui est plus riche en capteurs, en récepteurs tactiles et qui permet une distinction plus fine. Il faut distinguer un ligament d’un tendon musculaire. Un ligament ne peut être saisi ni mobilisé entre deux doigts. La contraction des muscles ne modifie pas l’état de tension du ligament.
Quand un muscle est au repos, le tendon est relâché longitudinalement et mobilisable transversalement.

Les saillies osseuses, dans la mesure où elles sont palpables, doivent être palpées pour signer l’intégrité des surfaces articulaires.


C. La mobilité articulaire :

C’est la capacité qu’ont deux pièces osseuses à se mobiliser l’une par rapport à l’autre. L’examen de la mobilité se fera toujours suivant un mode passif. Il s’agit d’évaluer les performances d’une articulation. Nous allons observer l’amplitude articulaire la plus grande et nous savons que l’amplitude articulaire la plus importante est effectuée en passif.
Le but de cet examen est de qualifier tout d’abord et de quantifier ensuite la mobilité et d’évaluer les causes de limitations quand il en existe.
Il est comparatif : il faut toujours comparer la mobilité à celle controlatérale ou bien aux valeurs habituellement observées chez un sujet sain. Les conditions d’examens sont celles déjà vues en particulier les positions de confort et le relâchement maximal du patient. Nous aurons donc à choisir une position adéquate du patient afin de respecter un maximum ces conditions.

L’examen va concerner les deux types de mouvements :
tout d’abord les mouvements de glissements
et ensuite les mouvements correspondant aux degrés de mouvements actifs.

Nous verrons les mouvements de glissements, de bâillements, certaines rotations axiales et les mouvements de décompressions ou mouvements de décoaptation. Tous ces mouvements sont des déplacements de faible amplitude ; ils sont conditionnés à la forme de la surface articulaire, à la constitution et à l’organisation de l’articulation. Ce sont des mouvements qui ne sont pas produits isolément par l’action des muscles.

L’examen va se faire dans une position qui va éviter le verrouillage passif de l’articulation.
Le verrouillage étant lié à la mise en tension des structures capsulo-ligamentaires, des structures musculaires et des structures osseuses. Par exemple, la recherche de bâillements latéraux au niveau du coude va se faire en légère flexion afin d’éviter la tension des formations capsulo-ligamentaires et musculaires et d’éviter le verrouillage osseux.

Les mouvements qui correspondent aux degrés de liberté active : c’est la flexion – extension dans le plan sagittal, l’abduction – adduction dans le plan frontal et les rotations dans le plan transversal.

Lorsqu’un mouvement combine deux ou trois composantes, le bilan concernera chacune de ces composantes dans chacun des plans. L’évaluation de ces mouvements de grande amplitude se fera en position raccourcie du muscle polyarticulaire pour éliminer les tensions musculaires, les limitations d’origine musculaire.

Pour évaluer la mobilité en extension du genou, l’examen se fera en extension de hanche pour détendre les ischio-jambiers et extension de la cheville pour détendre les gastrocnémiens. L’examen de ces deux types de mouvements de petite et de grande amplitude va nécessiter une contre prise efficace stable, ferme, pour immobiliser une ou deux pièces osseuses. Elle va nécessiter une prise pour réaliser le mouvement.

Au terme de l’examen, le résultat recueillit fait apparaître une absence de mouvements, une limitation d’amplitude ou bien des mouvements anormaux. Il faut connaître maintenant les raisons de ces signes négatifs.
La perte du mouvement peut être momentanée. En terme technique, nous parlerons de blocage articulaire, la perte du mouvement peut aussi être permanente, nous perlerons alors d’articulation raide. Très souvent les limitations d’amplitude articulaire vont se produire dans une position de moindre contrainte pour les éléments capsulo-ligamentaires, musculo-tendineux, agonistes et antagonistes, qui correspond à la position de fonction,

La limitation va concerner les mouvements de grande amplitude et les mouvements de faible amplitude. La limitation ou la diminution de mobilité articulaire peut être due aux éléments capsulo-ligamentaires et osseux quand nous allons placer en position raccourcie les muscles antagonistes au mouvement étudié.
Nous distinguons deux types de limitations : les limitations symétriques et les limitations asymétriques.

1. La limitation symétrique :
Quand elle est symétrique, la limitation correspond à un secteur angulaire moyen libre au-delà duquel la mobilité est limitée autant dans un sens que dans l’autre.
C’est l’exemple d’un épanchement synovial au niveau du genou : nous plaçons le genou en légère flexion mais la flexion et l’extension totales vont être impossibles. Il va donc falloir préciser le secteur de mobilité au-delà duquel les amplitudes sont abolies. Les causes articulaires des limitations symétriques sont en général l’hydarthrose, hémarthrose, une rupture méniscale, une dursite (inflammation au niveau des bourses séreuses), un remaniement osseux des épiphyses.

2. La limitation asymétrique :
Quand la limitation est asymétrique, il s’agit de la perte d’amplitude qui va toucher une seule extrémité de l’arc angulaire ; il va exister un secteur de mobilité d’un côté ; nous aurons une amplitude articulaire physiologique d’un côté et de l’autre, nous aurons un début du secteur qui sera limité.

Par exemple , au niveau du coude, l’amplitude d’extension est limitée mais la flexion est totale. Il va donc falloir préciser l’amplitude du mouvement permis possible. Les causes de ces limitations vont être essentiellement des lésions capsulaires ou des lésions ligamentaires mais nous pourrons aussi retrouver des lésions cutanées avec des cicatrices adhérentes, rétractiles. Nous pouvons aussi retrouver des causes musculo-tendineuses par absence de relâchement musculaire ou par modification des propriétés mécaniques du muscle, c’est-à-dire diminution de l’extensibilité musculaire des antagonistes ou une rétraction musculo-tendineuse. 

3. Les contacts facteurs de limitations :
Les éléments capsulo-ligamentaires ainsi que les contacts osseux peuvent être des facteurs de limitations. Nous distinguons plusieurs types de contacts de nature différente. Ces contacts sont présents physiologiquement mais nous les retrouvons dans le cas d’une situation pathologique. La nature de ces contacts est différente.
Nous distinguons des contacts élastiques durs, des contacts élastiques fermes et les contacts mous.

a) Les contacts durs :
Les contacts durs : l’arrêt est  brutal, sec, il correspond à des buttées osseuses. En situation normale, c’est par exemple l’extension maximale du coude qui est limitée par le contact du bec olécrânien dans la cavité humérale. Dans une situation pathologique, nous allons les rencontrer lors de la présence de para-ostéo-arthropathies ou alors lors de la présence d’ostéophytes ou dans le cas de suite de fractures articulaires mal consolidées.
b) Les contacts élastiques fermes :
L’arrêt lors de la mobilisation est plastique et permet d’augmenter encore un peu la mobilité. Ils correspondent à des limitations dues à la mise en tension des éléments capsulo-ligamentaires. Nous allons les rencontrer dans des conditions physiologiques par exemple lors de l’extension maximale du genou ou alors lors de la rotation  interne de l’articulation gléno-humérale. En pathologie, dans la capsule rétractile par exemple, nous avons une altération des plans de glissements des systèmes capsulo-ligamentaires  dans les cas de rétractions musculo-tendineuses.

c) Les contacts mous :
Ils correspondent à la rencontre et à l’écrasement des masses musculaires entre elles. Physiologiquement, les flexion du coude est limitée par le contact des faces antérieures de l’avant-bras et du bras ; la flexion du genou avec hanches en flexion est limitée par la rencontre des faces postérieures des cuisse et de jambe. En pathologie, nous aurons un contact mou lors d’une hydarthrose, une dursite aiguë par exemple.

d) Les bruits :
Nous distinguons les bruits pathologiques et ceux qui ne le sont pas .
(1) Les bruits articulaires :
Tels que les bruits de crissement, frottement cartilagineux (exemple du signe du rabot) sont des bruits pathologiques : c’est le frottement pathologique des surfaces trochléenne et condylienne.
(2) Les autres bruits :
Ils ne sont pas pathologiques. En général, les bruits pathologique s’accompagnent de signe de douleur, signe de souffrance articulaire.

e) Les mouvements anormaux :
Ce sont des mouvements réalisés activement par le patient lui-même mais ils sont recherchés passivement. Ce sont des mouvements qui ne respectent pas ni les axes ni les plans ni les amplitudes physiologiques.
Par exemple, le récurvatum du genou est un mouvement anormal, physiologiquement l’extension du genou doit permettre l’alignement osseux des segments de jambes et de cuisses. Une amplitude supplémentaire de 15 degrés va traduire une extension plus grande et ce récurvatum est un mouvement anormal. Ces mouvements anormaux sont liés à des altérations, soit brutales, soit progressives, des différentes structures (structures osseuses, musculo-tendineuses, capsulo-ligamentaires) de l’articulation. Ils sont rarement bilatéraux. Nous les recherchons sur un sujet relâché et en situation de contraction musculaire pour vérifier si la contraction musculaire diminue ou évite ce mouvement. Une rupture du ligament antéro-interne du genou va traduire un mouvement anormal de glissement antérieur du plateau tibial sous les condyles fémoraux. C’est ce que nous appellerons tiroir antérieur qui est donc un mouvement anormal.

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