La masso-kinésithérapie est la thérapie de la gestuelle humaine (kinêsis signifie le « mouvement » en grec). Elle utilise le mouvement ou, au contraire corrige et réduit le mouvement, par différentes techniques ou par la pose d'une contention, afin de rendre au corps une fonction qui s'est altérée, par exemple afin de retrouver l'usage d'une main après une chirurgie réparatrice, ou du moins lui apprendre à s'adapter à son nouvel état (apprendre à un patient amputé à marcher avec une prothèse).
La kinésithérapie signifie traitement par le mouvement. Elle agit au niveau musculaire et articulaire. Les techniques sont utilisées dans le but de la rééducation du mouvement et ainsi que de la posture de la personne.

Sonotherapeute en Bretagne

Ce sont des techniques actives qui visent à normaliser la force musculaire d’un muscle ou d’un groupe de muscles.
La musculation est une technique qui vise à améliorer la force et la performance d’un muscle ou d’un groupe de muscles à l’état normal. Un sportif fera des exercices de musculation. Le renforcement musculaire s’adresse à un patient.


En testing, de 1 à 5, il y a renforcement musculaire, au-delà de 5, il y a musculation.
Quand nous parlons de reprogrammation neuromotrice, nous parlons de capacité d’un muscle à réagir vite et normalement face à des situations de mises en tension brutale. Pour faire du renforcement musculaire, il faut suivre une méthodologie qui tient compte de l’évolution musculaire, et plus globalement du malade. Ces techniques mettent en jeu des résistances, une amplitude articulaire, un rythme de travail qui vont être établis au départ du travail de renforcement musculaire et qui sont reproduites d’une séance à une autre. Il existe plusieurs méthodes de renforcement musculaire, des méthodes statiques et dynamiques.

Cette conception de renforcement musculaire est basée essentiellement sur l’application de charges élevées avec peu de répétitions d’exercices. Si nous voulons obtenir de l’endurance, il est nécessaire d’appliquer un grand nombre de répétitions, et dans ce cas, il n’y a pas obligatoirement accroissement de la force musculaire.


A. La technique de DELORME et WATKINS (1948) :

Elle est basée sur l’utilisation de charges importantes qui résistent au mouvement. Les exercices sont réalisés par séries. Le nombre de contractions par série est fixé à 10. La séance de renforcement se déroule en trois séries de dix mouvements. La charge de travail est calculée par la méthode « Essai – Erreur ».

Cette méthode recherche la 10 RM. Les charges sont mises progressivement croissantes au cours des trois séries. Les charges utilisées pour le travail sont des charges directes ; chaque série de 10 va se dérouler sur une minute. Entre chaque série, nous avons une minute de repos.

1. Comment se calcule la 10 RM ?
C’est la charge maximale que le sujet va pouvoir soulever dans l’amplitude complète du mouvement dix fois de suite.
Cette méthode se fait par charges directes additionnelles en augmentant les poids de 500 grammes en 500 grammes pour le membre inférieur et de 250 grammes en 250 grammes pour le membre supérieur.
La 10 RM équivaut à 80 % de la RM (charge maximale que le sujet peut soulever une fois dans toute l’amplitude).

2. Les modalités d’applications :
Nous allons considérer que les deux premières séries servent d’échauffement ; la troisième sert de renforcement proprement dit.
La première série est constituée par 10 mouvements avec 1 / 2 de la 10 RM.
La deuxième série est constituée par 10 mouvements avec 3 / 4 de la 10 RM.
La troisième série est constituée par 10 mouvements contre la 10 RM.

La durée de la contraction est importante ; elle dure trois secondes réparties sur une seconde pour la contraction dynamique concentrique (levée de la charge), une seconde pour la contraction statique (tenir la charge) et une seconde de contraction dynamique excentrique (descendre la charge).

Il y a trois secondes de repos après chaque contraction et une minute après chaque série.
Le protocole précise une séance par jour, quatre séances par semaine, et la cinquième séance est réservée à la recherche de la nouvelle 10 RM.

Le segment de membre doit être horizontal à l’arrivée du mouvement, ceci pour obtenir une résistance maximale à l’arrivée, alors que le moment résistant est nul au départ. Si le segment de membre ne peut atteindre l’horizontale, nous utiliserons un compas d’accouplement. Il existe une adaptation pour les muscles dont la cotation est inférieure à 3 au testing. Il faut utiliser la 10 rm (charge minimale nécessaire pour aider le sujet à réaliser le mouvement dix fois de suite).

Un renforcement se réalise en trois séries :
10 mouvements avec deux fois la 10 rm.
10 mouvements avec 1,5 fois la 10 rm.
10 mouvements avec la 10 rm.

Il faut faire une séance par jour de renforcement, et dès que le mouvement peut être réalisé sans aide, il faut faire travailler contre la résistance progressive.

B. La technique de ZINOVIEFF :

Cette technique date de 1951. Elle tient compte de la fatigue progressive du muscle qui est engendrée par les contractions successives en séries. Dans cette technique, le travail commence contre la charge de 10 RM, et ensuite, la charge diminue progressivement. Elle préconise un total de 100 mouvements en 10 séries contre des charges décroissantes.
Première série : elle se fait en 10 mouvements contre la 10 RM.
Deuxième série : elle se fait en 10 mouvements contre 90 % de la 10 RM.
Troisième série : elle se fait en 10 mouvements contre 80 % de la 10 RM.
De la quatrième à la dixième série : elle se fait en 10 mouvements de 60 % à 10 % de la 10 RM.

La recherche de la 10 RM se fait comme celle de DELORME et WATKINS.


C. La technique de ROCHER :

Cette méthode préconise le travail contre une charge indirecte avec le système de « filins – poids – poulies ». Les charges sont progressivement croissantes. L’exercice est réalisé en deux séries, une première série de 20 répétitions de mouvements, la deuxième série de 10 répétitions de mouvements. Dans ce système de travail, il y a une suspension axiale et un système résistant constitué par le poids et la poulie. Le mouvement résistant maximal doit être réalisé en début de mouvement en course externe du muscle. La première poulie est située de telle façon que le filin doit être perpendiculaire au levier osseux en début du mouvement dans la course externe du muscle.

La recherche de la force musculaire du patient est faite au dynamomètre en statique. Les charges opposées sont progressivement croissante et cette recherche va constituer la phase d’échauffement. Le protocole démarre par la RM ou résistance maximale.

En ce qui concerne l’installation du sujet, le membre est en suspension. Le dynamomètre est fixé au départ du mouvement et le grand axe du dynamomètre est placé perpendiculairement à l’axe du membre dans la position de départ. Pour cette évaluation, il faut réaliser trois essais et faire la moyenne des trois pour obtenir la RM.

1. Les modalités d’applications :
Il faut une suspension axiale et un système « filins – poids – poulies ».
Pour renforcer, un échauffement est réalisé par 20 mouvements contre   1 / 2 de la RM. La musculation ou travail musculaire est réalisée par 10 mouvements contre 3 / 4 de la RM, ou même 2 / 3 de la RM, ou même 4 / 5 de la RM.

Cette technique s’adapte dans le rythme, dans la durée et dans la fréquence des exercices. Le rythme et la durée dépendent de l’état du muscle et de la résistance opposée. Le rythme se décompose en un aller et un retour avec quatre temps.
Temps 1 : temps d’aller ; contraction dynamique concentrique.
Temps 2 : Arrêt du mouvement ; contraction statique.
Temps 3 : Retour du mouvement ; contraction dynamique excentrique.
Temps 4 : Temps de repos. T1 = T2 = T3 et T4 = T1 + T2 + T3.
La durée totale doit au moins être égale à 10 secondes.

Il existe une variante avec T2 = 0. T3 succède à T1. La durée totale du mouvement est égale à 6 secondes.


D. La technique de DOTTE :

Cette technique date de 1958. Cette technique est dite aussi résistance directe progressive. Il faut rechercher la RM, c’est-à-dire la charge maximale que le sujet peut soulever une fois dans toute l’amplitude du mouvement de manière progressive (500 grammes pour le membre inférieur et 250 grammes pour le membre supérieur), l’intégrité articulaire.

Il existe une altère de résistance directe progressive ou semelle de DOTTE ou le compas d’accouplement puisque le moment résistant doit être maximal à l’arrivée. Les extrémités sont creuses ; nous y glissons des disques de masses variables.
La semelle supporte une barre métallique, l’axe est confondue avec l’axe de flexion extension de la cheville. Une barre métallique va supporté des disques plombés.

Pour le compas d’accouplement, il est amarré au siège, il est mobile autour d’un axe qui est situé en regard de l’axe articulaire. Une barre parallèle à l’axe de la jambe et l’autre barre supporte les charges, l’avantage de ce système est que les efforts ne sont pas directes sur l’articulation , mais sur le système de barre.
Le moment maximal de la résistance sera obtenue lorsque le segment de membre sera à l’horizontal.

DOTTE propose de calculer la RM que le sujet peut déplacer une fois dans toute l’amplitude permise. La RM va être augmentée une fois que le sujet parvient à toucher le repère fixé, cette augmentation va se faire de 500 g pour le membre inférieur et 250 g pour le membre supérieur. Dès que l’amplitude n’est pas atteinte, il faut faire 2 essais, puis on prend la RM qui correspond à x – 500 g pour le membre inférieur et x – 250 g.

1. Les modalités d’application :
Le travail musculaire va se réaliser en 3 séries d’exercices de 10 mouvements par séries. DOTTE considère 2 séries d’échauffement qui vont être réalisé : La 1ère série avec 2/5 de la RM, la 2ème série avec 3/5 de la RM. Une série de renforcement 3ème série avec 4/5 de la RM.
Le temps de monté du mouvement constitue une contraction concentrique qui dure 1 seconde, le temps de maintien, contraction statique 0,5 seconde,
Le temps de descente : contraction excentrique &,5 secondes, 3 secondes de repos après chaque mouvement.
Ente 2 séries, on a un temps de repos qui correspond au temps nécessaire pour changer le poids (environ 1 minute), la fréquence de travail est 1 séance par jour, tous les jours, et le vendredi est réservé au calcul de la nouvelle RM. Pour la recherche de cette nouvelle RM, on va faire un échauffement qui est l’exercice de la veille de l’ancienne RM.
Si 3 fois de suite la résistance stagne, il faut arrêter la méthode.


E. Le travail dynamique avec appareil iso cinétique :

C’est un travail imposé qui va être à son maximum tout au long du mouvement choisi, contrairement aux méthodes dites classiques et vitesse maximale (Sybex)

La charge qui va être imposée est toujours maximale du début à la fin du mouvement, ce qui n’était pas le cas dans les méthodes précédente, où elle était maximale pour une certaine angulation. Cet appareil permet de faire des exercices à vitesse constante, on règle au préalable la vitesse angulaire désirée.

Si le sujet souhaite accélérer la vitesse angulaire, ce dispositif résiste toujours au maximum de la force développée.
Par contre, le patient peut réaliser pratiquement sans effort l’exercice dont la vitesse est inférieure à celle imposée.
La résistance est supérieure à une résistance manuelle puisqu’elle s’adapte aux variations de la force d’un muscle. La résistance manuelle est plus aléatoire.

II. Les méthodes de renforcement statique :

Les contractions statiques vont être exécutées dans un secteur angulaire déterminé dans le but de renforcer le muscle dans cette course. Il faut tenir compte de la spécificité fonctionnelle du muscle, c’est-à-dire tenir compte de son secteur habituel de travail.
Il existe plusieurs techniques :

A. La technique de HETTINGER et MÜLLER (1953) :

Cette technique préconise 3 contractions statiques / jour qui durent 6 secondes chacunes et qui doivent utiliser au moins 50 % de la force maximale du muscle. La force maximale est la force maximale que le sujet peut soulever en statique. Le protocole se fait avec un matériel de style dynamométrique ou en mécanothérapie.

On recherche d’abord la FM qui ceorrespond à la charge maximale que le sujet peut soulever en statique, cette recherche se fait au dynamo mètre ou en mécanothérapie.

1. Les modalité d’application
La résistance appliquée est de 1 / 3 à 1 / 2 de la force maximale. Il y a 2 à 3 répétitions / jour. La durée de la contraction est de 6 secondes au maximum. La fréquence des séances est d’une par jour et de cinq par semaine. La recherche de la FM se fait toutes les semaines.


B. La technique de TROISIER ou TSI :

Cette technique date de 1971. Travail Statique Intermittant. Elle est aussi appelée travail statique intermittent. Il recherche la force maximale du patient sur un mode statique.
C’est la force maximale mesurée (FMM). Pour la rechercher, il faut échauffer le muscle par quelques contractions statiques contre la résistance inférieure à la force critique avant de faire une FMM.

Ensuite, TROISIER a mis au point un statergomètre qui est un dynamomètre qui lui permet de rechercher la FMM qui peut être recherchée par la méthode « essai – erreur ».
Il s’agit de tenir une charge en statique pendant le temps le plus court possible, proche du temps 0.
Il faut faire 3 essais au moins. Il faut attendre 1 minute de repos pour attendre de choisir la force maximale mesurée( FMM) la plus grande est choisie
Ensuite, il faut chercher la force maximale théorique ou (FMT) qui correspondrait à la RM isométrique.

Ensuite, la force maximale théorique est la force maximale que le patient peut supporter lors d’un travail statique.

FMT = FMM + 1/3 FMM.

Le temps de travail (6 secondes) = au temps de repos (6 secondes)= 12 secondes, la résistance démarre avec 50% de la FMT

Nous calculons ensuite la charge imposée pour le travail.
Il correspond à la charge « f ».
f = 2 / 3 FMM
   = FMM + (1 / 3) / 2
   = FMT / 2.

La valeur de « f » est la charge de travail à la première séance. Une séance est composée d’un temps de travail et d’un temps de repos qui sont équivalents à une durée de 6 secondes.

Nous effectuons 50 répétitions par séance en 10 minutes dont 5 minutes pour le travail effectif.
1 séance par jour, 3 séances par semaine et on augmente de 6% de la charge par séance.
la première séance se fait avec ou contre « f ». Entre 50 et 80 contractions,
la deuxième séance est un travail avec  f2  qui est égale à FMT + 6 % / 2, on l’augmente de 6% de FMT

C’est une méthode basée sur le principe « essai –erreur », sur la fatigue musculaire et nous nous apercevons que si le patient peut effectuer plus de 80 contractions, la FMM est trop petite, donc il faut réévaluer la FMM. S’il n’arrive pas à faire 50 contractions, la FMM est trop grande. Il faut aussi réévaluer la FMM.

Cette technique préconise sur une semaine une séance par jour, trois séances par semaine. Il faut augmenter la charge de 6 % par séance.

En 1982, une variante est proposée :
FMT = FMM + 25 % / 2.
Le muscle est sollicité de façon intense et la recherche de la force du patient constitue l’essentiel de la méthode.

DOTTE propose une reconversion d’un test sur un autre. Il propose que 4 / 5 de la résistance maximale est égal à 10 RM pour faciliter la reconversion du test.
En ce qui concerne le choix d’une méthode pour le thérapeute, celle-ci doit être indiquée par la pathologie. Ce choix est guidé par la spécificité du muscle, des fibres phasiques ou toniques du muscle.

Remarque :
Ces méthodes font appel uniquement à la force du muscle. Cependant, la vitesse, la coordination, l’endurance, restent à ré entraîner pour rendre au muscle toutes ses capacités fonctionnelles.



III. Les techniques de facilitation neuro-proprio-ceptives :


Ce sont des techniques actives mais qui peuvent être utilisées comme méthodes de renforcement musculaire ou sollicitations musculaires car elles permettent de réaliser des exercices contre résistance pour renforcer les muscles faibles. Ces exercices sont réalisés sur un mode dynamique ou statique.
Par exemple, lors du travail dans une diagonale, le kinésithérapeute peut immobiliser grâce à une forte résistance le segment dans un secteur quelconque.


A.     L’examen fonctionnel de l’épaule :

L’épaule est un complexe articulaire particulier. Cet examen concerne la stabilité de l’épaule. Les tests de stabilité de l’épaule vont être effectués grâce à des séries de destabilisations spatiales, secteur par secteur de mobilité. Le sujet maintient son segment brachial activement par des contractions statiques et le kinésithérapeute tente de déstabiliser par des petites poussées. Il s’agit donc d’un travail en opposition qui sera suivi d’un lâché brutal.

Deuxièmement, cet examen va être réalisé à partir de tests de charges, c’est-à-dire que nous évaluons l’appui du membre supérieur sur le coude.

Ce sont aussi des tests de charges partielles sur un plan roulant car cela nous permettra d’évaluer les mouvements dans les trois plans de l’espace en charge partielle.

Sur une table de travail, nous posons un plan muni de roulettes multi directionnelles. Le plan peut ainsi se déplacer dans différents plans de l’espace. Le sujet est en appui sur ce plan et l’importance de l’appui va dépendre de la hauteur du plan et de l’inclinaison du tronc. Le sujet sera installé de profil, coudes et avant-bras en appui sur le plan. Le test va consister à demander au patient de maintenir ce plan immobile alors que le masseur kinésithérapeute tente de faire rouler ce plan en explorant toutes les directions.

1. Le test en appui bilatéral :
Le sujet va s’incliner sur une table ; il est en appui facial sur ses avant-bras, ses coudes. Les avant-bras sont croisés, donc il est en rotation interne. Nous imprimons des poussées déséquilibrantes sur une épaule et le sujet doit s’opposer à ces poussées et donc résister. Si l’équilibre en charge de l’épaule est maintenu, le test est positif. Puis le même test va être réalisé en rotation neutre, c’est-à-dire les avant-bras en position du sphinx. Si ce test est positif, cela nous permet de passer au test uni latéral.

Ce test se fait en appui sur la table, sur le sol, sur un barreau d’espalier, mais en appui sur le coude. L’avant-bras est perpendiculaire au corps et l’épaule est en légère rotation interne. Le kinésithérapeute va se positionner de telle sorte qu’il va entourer de ses bras le sujet pour avoir une action sur l’épaule qui est en appui et provoquer des poussées déséquilibrantes antérieures et postérieures sur cette épaule. Le sujet résiste au déséquilibre. Le test est positif quand il résiste au déséquilibre.

2. Le test en appui postérieur :
L’articulation va être placée en extension et en rotation externe ; le sujet est en appui sur les deux coudes. Son tronc se situe presque à l’horizontale. Nous demandons au patient de maintenir le tronc en reptitude ; il doit tenir la position et il doit résister aux sollicitations du kinésithérapeute qui tente de le déséquilibrer latéralement. Il s’agissait là d’une batterie de tests statiques.

3. Le test de maintien de l’équilibre :
On fait ce test par un test d’appui et de translation du tronc. C’est un test dynamique. Ce test consiste à demander au sujet de tourner son tronc avec l’épaule comme pivot en le faisant passer d’un appui ventral à un appui latéral, puis dorsal et inversement. Le sujet est toujours en appui sur le coude. Nous devons veiller à ce que l’angle entre le bras et le thorax ne varie pas et surtout ne se ferme pas. Par précaution, le kinésithérapeute garde une main en avant de l’articulation scapulo-humérale qui sera prête à aider cette épaule en réalisant un appui antérieur s’il y avait un problème de stabilité de cette articulation. Ce test va nous donner des informations sur la stabilité et la coordination ainsi que la programmation sensitivomotrice possible au niveau de cette épaule.

4. Les tests en appuis instables multidirectionnels :
Est utilisé du petit matériel tel que le ballon de KLEIN. Le coude du patient repose sur ce ballon en appui antéro-latéral. L’avant-bras est fléchi et sera en prono-supination indifférente au départ. Le tronc sera en reptitude. Le patient est en appui sur le sol par ses pieds, avec un pied en avant de l’autre pour se stabiliser. Dans cette installation, le kinésithérapeute maintient le ballon et assure le déséquilibre de ce ballon. Nous demandons ensuite au sujet de résister aux sollicitations de la mobilité réalisée par le kinésithérapeute sur le ballon. Nos sollicitations seront multi directionnelles et l’intensité sera adaptée à la qualité des réactions de notre patient. Ce test est à réaliser sur un patient relativement jeune.


B. L’examen fonctionnel de la main :

Nous allons d’abord nous occuper de la main fonctionnelle (LEVAME). Cet auteur a décrit la position de référence. C’est la position de repos de la main et du poignet ; le poignet est en extension de 40 degrés environ, le pouce est en opposition. Dans la trapézo-métacarpienne, la flexion est d’environ 30 degrés ; la flexion dans la métacarpo-phalangienne est de 10 degrés. Au niveau des doigts, nous trouvons une flexion des métacarpo-phalangiennes avec 20 degrés pour le deuxième doigt, 40 degrés pour le troisième, 50 degrés pour le quatrième, et 60 degrés pour le cinquième. Toutes les articulations inter phalangiennes proximales vont se retrouver en flexion de 50 degrés. Les inter phalangiennes distales sont aussi en flexion avec 10 degrés pour les deuxième et troisième doigts et vingt degrés pour les quatrième et cinquième doigts. C’est à partir de cette position de référence qui est la position neutre que vont s’effectuer toutes les préhensions avec un moindre coût énergétique. C’est l’exemple de tenir un verre ballon, une cigarette.

Nous avons la préhension réalisée par la main de force : la main de force pour tenir un verre entre les deux derniers doigts et la colonne du pouce. Cette main est réalisée par la main interne. La main de finesse est la main externe ; il s’agit de tenir la cigarette entre le médius et l’index. Cette main de la finesse externe met en jeu la partie terminale du pouce et les deuxième et troisième doigts. Cette forme de préhension utilise les prises précises utilisées dans les préhensions de type « tenir une aiguille », « jouer au mikado ». la main interne va mettre en jeu les deux derniers doigts en opposition avec le pouce. Dans le serrage de force, nous remarquerons que l’index n’est pas indispensable. Cette main est utilisée quand nous tenons un marteau, nous vissons avec un tournevis, nous serrons les freins d’un vélo.

L’examen de cette main fonctionnelle va être réalisé lors de l’observation des différentes activités musculaires spontanées et des activités musculaires sous le contrôle volontaire. Il va être constitué par l’observation des muscles intrinsèques et extrinsèques puisqu’ils sont mis en jeu. C’est aussi l’observation des activités d’opposition des différents doigts.

1. La main extrinsèque :
Elle permet de réaliser des gestes qui utilisent l’ensemble des muscles extrinsèques de la main dont l’origine est située dans l’avant-bras. Il s’agit des fléchisseurs communs des doigts, des extenseurs du pouce, du long fléchisseur du pouce. La contraction de ces muscles correspond aux gestes de griffes qui positionnent les articulations proximales des doigts en extension des métacarpo-phalangiennes et flexion des inter phalangiennes proximales et distales.

2. La main intrinsèque :
Le geste va utiliser l’ensemble des muscles intrinsèques de la main dont l’origine est située dans la région de la main. Il s’agit pour les doigts, de l’ensemble des inter osseux et des lombricaux, de l’adducteur du pouce, du court abducteur du pouce et de tous les hypothénariens. Ce geste va utiliser la flexion proximale des doigts dans la métacarpo-phalangienne qui seront resserrés et nous aurons une extension des inter phalangiennes ; il y a donc fermeture de la première commissure par l’adducteur du pouce et il y a un léger écartement de la première phalange du pouce. Le pouce croise la ligne médiane de la main et réalise un appui pulpaire du pouce face aux autres doigts par l’opposant et le court fléchisseur. Il y a rapprochement et opposition du cinquième doigt par les hypothénariens. C’est l’observation de cette activité musculaire qu’il faut faire pour réaliser l’opposition de la main.

3. Les oppositions pollici digitales :
Les différentes préhensions au niveau de la main qui utilisent des oppositions nécessitent une coordination sensori-motrice. Il s’agit d’un examen de la coordination. Ces tests permettent d’évaluer la coordination qui nécessite à la fois une stabilité et une mobilité des articulations des doigts. Les tests que nous allons rechercher vont être l’opposition termino-terminale, l’opposition pulpo-pulpaire ou sub termino sub terminale, l’opposition sub termino latérale et le poing fermé…
En ce qui concerne l’opposition termino-terminale, nous voyons que cette opposition va mettre en jeu les mains intrinsèques et extrinsèque (contact terminal du pouce avec un autre doigt). Ce geste réalise une boucle avec les doigts. Ce geste met en jeu les inter osseux et les lombricaux, les longs fléchisseurs communs, l’extenseur commun au niveau des doigts. Au niveau du pouce, tous les muscles longs sont sollicités ainsi que les thénariens.
En ce qui concerne l’opposition pulpo-pulpaire ou opposition sub termino sub terminale, c’est la mise en contact de la pulpe du pouce avec la pulpe des autres doigts.  Cette opposition va mette en jeu une flexion active des inter phalangiennes proximales des doigts, une extension passive de l’inter phalangienne distale. Au niveau du pouce, la sollicitation porte uniquement sur les intrinsèques, et au niveau des doigts, elle porte aussi sur les intrinsèques, les lombricaux et les inter osseux.
En ce qui concerne l’opposition sub termino-latérale, c’est l’appui du pouce sur la partie latérale de la phalange terminale des doigts. Ce maintien actif est réalisé par l’inter osseux correspondant, c’est-à-dire premier inter osseux dorsal pour l’index, deuxième inter osseux dorsal pour le majeur. Les métacarpo-phalangiennes des autres doigts vont être en reptitude, ce qui va permettre aux inter osseux de supporter l’appui du pouce. Par contre, les ligaments devraient supporter l’appui du pouce. Les inter osseux sont là pour stabiliser et permettre cet appui. Le test du poing fermé va permettre d’évaluer l’amplitude de flexion des trois articulations des doigts et la force des fléchisseurs.
    Les tests fonctionnels de la main ne sont pas des tests de force. Pour tester la force, il faut utiliser du petit matériel telle qu’une feuille placée au niveau de la prise de préhension, demander au patient de la maintenir fortement, et la force avec laquelle le kinésithérapeute va dégager la feuille de cette prise va donner une indication sur la qualité de la force de préhension. Nous plaçons un crayon dans la main du poing fermé et nous demandons au patient de tenir fortement ; alors le kinésithérapeute essaie de dégager ce crayon.

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